Rives du Lac

Annecy, la montagne et ce qu'il y a autour

Talloires, Duingt, Menthon : les villages du lac, village par village

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Le tour du lac d’Annecy traverse une poignée de villages qui, vus de loin, se ressemblent : toits de tuiles, clocher, port miniature. En s’y arrêtant, chacun révèle un caractère distinct, hérité de sa géographie ou de son histoire. Et tous ne supportent pas l’affluence estivale de la même façon.

Talloires, entre abbaye et falaise

Installé sur la rive est, au pied du Roc de Chère, Talloires s’organise autour de son ancienne abbaye bénédictine, fondée au Moyen Âge et aujourd’hui transformée, dont les bâtiments dominent toujours le village. Le site bénéficie d’une position abritée, en léger retrait du lac, qui lui donne un caractère plus intime que les communes ouvertes directement sur les berges.

Talloires est aussi, historiquement, l’un des villages du lac les plus associés à la gastronomie régionale, ayant vu se succéder plusieurs générations de tables réputées bien au-delà de la Haute-Savoie. Cette notoriété a un revers : l’été, la route de la corniche qui dessert le village se congestionne rapidement, et le stationnement en cœur de village devient difficile dès la mi-journée en haute saison.

Duingt, verrouillé par son château

Duingt marque la limite entre le grand bassin et le petit bassin du lac. Le village est dominé par le château de Duingt, bâti sur un promontoire rocheux qui s’avance directement dans l’eau, une configuration qui en fait l’un des points de vue les plus photographiés du lac depuis la voie verte toute proche. Le château, propriété privée, ne se visite pas, mais sa silhouette reste visible depuis le rivage et les sentiers alentour.

Sa position en bordure directe de la voie verte du tour du lac expose Duingt à un flux cycliste et piéton important en saison, concentré sur un espace public relativement restreint autour du petit port.

Menthon-Saint-Bernard, entre légende et château

Menthon-Saint-Bernard tire son nom du château qui surplombe le village, berceau supposé de la famille de Menthon dont serait originaire Bernard de Menthon, figure à qui la tradition attribue la fondation des hospices du col du Grand-Saint-Bernard, aujourd’hui saint patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Le château, toujours habité par la même famille, se visite en partie selon les périodes.

Le village combine un bourg en hauteur, plus calme, et une frange lacustre très fréquentée l’été, notamment autour de la plage et du port, qui concentrent l’essentiel de l’affluence estivale. Le contraste entre les deux parties du village est net dès qu’on s’éloigne de quelques centaines de mètres du bord de l’eau, la circulation et le bruit s’atténuant rapidement en direction du château.

Sevrier, la porte d’Annecy

Sevrier est la commune la plus proche d’Annecy sur la rive ouest, directement reliée au centre-ville par la voie verte. Elle abrite la Fonderie Paccard, fondeur de cloches installé dans la région depuis le XIXe siècle, dont le musée retrace l’histoire de ce savoir-faire artisanal transmis sur plusieurs générations.

Sa proximité immédiate avec Annecy en fait un village presque périurbain, avec un trafic cycliste et automobile dense toute l’année, renforcé l’été par les allers-retours entre la ville et les plages du sud du lac.

Veyrier-du-Lac, le plus discret

Veyrier-du-Lac occupe une bande étroite entre le lac et le mont Veyrier, à deux pas du Roc de Chère, réserve naturelle protégée qui referme la rive est juste après le village. Sa superficie limitée et l’absence de grand espace public en bord de lac lui donnent un caractère plus résidentiel et moins tourné vers l’affluence touristique que ses voisins.

C’est aussi l’un des villages où la route de corniche est la plus étroite, ce qui limite mécaniquement le flux de véhicules mais concentre les difficultés de circulation aux heures de pointe estivales.

Deux rives, deux ambiances

Au-delà du caractère propre à chaque village, une différence structurelle sépare les deux rives du lac. La rive ouest, desservie par la voie verte et par une route plus large, concentre un flux régulier et continu, réparti sur la journée. La rive est, contrainte par la route de corniche et par un relief plus abrupt qui laisse peu de place au bâti, concentre au contraire son affluence sur des créneaux plus courts — la mi-journée et le début de soirée en été — ce qui explique des pics de saturation plus brutaux à Talloires, Menthon-Saint-Bernard ou Duingt qu’à Sevrier.

Cette différence tient aussi à la géographie du petit port de Duingt lui-même : le village occupe une avancée en deux pointes qui referme presque le lac à cet endroit, un resserrement visible depuis la voie verte et qui a longtemps fait de ce passage un repère naturel entre le grand bassin et le petit bassin, bien avant que la route ou le rail n’y passent.

Ce qui supporte mal l’été, et pourquoi

  • Talloires et Duingt concentrent le plus de difficultés : accès routier étroit, stationnement limité et forte notoriété qui attire un flux touristique disproportionné par rapport à la taille du bourg.
  • Menthon-Saint-Bernard souffre surtout sur sa frange lacustre, tandis que le bourg en hauteur reste plus respirable.
  • Sevrier absorbe un trafic de passage important toute l’année, moins concentré sur les seuls mois d’été.
  • Veyrier-du-Lac reste le plus préservé, sa configuration géographique limitant naturellement l’affluence.

La localisation précise de la réserve naturelle du Roc de Chère, qui referme la rive est entre Talloires et Menthon-Saint-Bernard, est consultable sur les cartes détaillées de geoportail.gouv.fr. Pour organiser une visite hors des pics de fréquentation, notre rubrique Vie pratique propose des repères sur les horaires et périodes les plus calmes autour du lac.


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